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XXIIIème Colloque International du GRET (Marrakech)
Début Vendredi 20 Avril 2018
Fin Samedi 21 Avril 2018

XXIIIème Colloque International du GRET
Les politiques publiques face à l’impératif démocratique et au bien-être-social

Marrakech, le 20 et 21 avril 2018

 

  • Appel à communication

    Le Gret se prépare pour l’organisation de son XXIIIème colloque international en partenariat avec la Fondation Hans Seidel qui se tiendra à Marrakech le 20 et 21 avril 2018 autour du thème suivant :

    Les politiques publiques face à l’impératif démocratique et au bien-être social.

    Ce thème s’inscrit dans l’esprit des colloques précédents ou nous avons eu à débattre de nombreuses problématiques : Etat, Administration, pouvoir, élites, droits de l’homme, partenariat, politiques de la ville, gouvernance publique, sécurité, aménagement du territoire, modernité, mondialisation, géopolitique ayant donné lieu à des publications scientifiques édifiantes. Cette fois-ci ,nous avons pensé que le débat autour de la problématique des politiques publiques face à l’impératif démocratique et au bien-être social est une question actuelle, très récurrente, car les inquiétudes sur ces deux déterminants prennent, avec les crises économiques et sociales, une ampleur particulière. Les Etats sont appelés à prendre au sérieux ce danger pour éviter la dégradation accélérée de la démocratie et l’effondrement de la cohésion sociale. C’est le défi de l’avenir.

    Les politiques publiques sont au centre de la vie démocratique. Mais que nous apprennent-elles de son fonctionnement ? Pour le savoir, il faut comprendre comment les pouvoirs publics opèrent les choix, définissent les stratégies, arrêtent les programmes, luttent contre les inégalités, les fractures sociales et territoriales et créent les conditions favorables pour un développement égalitaire et équitable, durable et prospère fondé sur le partage et la confiance.

    Les politiques publiques traduisent l’état des besoins et des objectifs à atteindre dont les règles de procédures ne sont pas établies à l’avance. La question primordiale est de savoir en quoi elles constituent l’outil privilégié du politique pour défendre la société contre la dislocation, les ruptures et les forces centrifuges. En montrant pourquoi et comment elles organisent sans cesse les intérêts sociaux et préparer l’avenir, on pourrait à partir des démonstrations et des illustrations montrer de quelle façon le politique travaille et garantit l’ordre social dans un souci d’équité, de justice sociale et de bien-être individuel et collectif. Or toute politique publique est indéniablement liée à l’action publique. Celle-ci, dans sa formulation actuelle, est étroitement liée à l’intelligence d’un gouvernement, d’une administration ou des structures représentatives à pouvoir changer la vie et maitriser les évolutions, a préparer l’avenir et à consolider la cohésion sociale.

    On peut d’ores et déjà penser qu’il y a entre les deux concepts de démocratie et de bien être-social une étroite corrélation ou, plus exactement, une intense complémentarité, l’une est la résultante de l’autre. Chacun de nous est convaincu aujourd’hui que la démocratie, en tant que régime et valeur, épanouissement culturel et moral, est en crise. Nous l’avons vu passer d’une période ou elle a réussi à rallier, au-dedans, les contradicteurs qu’on pensait les plus réfractaires, à une autre ou elle a perdu ses couleurs, ses repères, se vider de sa substance et s’éloigner de ses principes. Elle s’est laissée affaiblir par les nouvelles forces de la régression qui ne cessent de s’amplifier et de prendre de la surface: le populisme, l’intégrisme et autres extrémismes. Un autre monde se construit devant nous sans que nous ayons la force de l’arrêter ou même de le comprendre. Intellectuellement, nous sommes saisis par la peur et l’incertitude. N’est-ce pas la plus grande démocratie du monde, les Etats Unis d’Amérique, est devenue otage d’un personnage politique, narcissique et mégalomane, agressif et imprévisible, qui menace l’équilibre et la paix dans le monde. Ailleurs aussi, dans le vieux continent européen, ou la démocratie a pris racine, les signes d’une régression politique due à la montée en puissance des forces populistes et nationalistes, sont alarmants. Il y a de quoi s’inquiéter.

    La démocratie survivra-t-elle à son triomphe ? On peut le croire à condition que les politiques publiques, émanant des appareils de l’Etat, puissent changer de priorités, de méthodes, de cibles et d’objectifs et faire du développement une stratégie globale, car certains Etats, surtout autoritaires, ont cru à un moment que la thèse du « ventre plein » suffirait pour instaurer la démocratie, or celle-ci ne remplit pas l’estomac, elle a besoin d’un épanouissement matériel , psychologique , moral , culturel, spirituel et professionnel des citoyens. Aussi, la grande difficulté des démocraties modernes est qu’elles n’ont pas réussi la constitution d’une unité sociale et politique à partir de l’émancipation des individus de toutes les formes de servitudes et d aliénation, des inégalités, des injustices sociales et de toutes les frustrations.

    Ce constat met en relief la situation actuelle du politique et du social particulièrement dans les pays en développement .Elle demeure néanmoins un souci permanent dans les débats controversés sur l’efficacité de l’Etat, notamment lorsque l’action publique est remise en question et les revendications de la justice sociale s’exacerbent davantage. Ceci est partout vrai si l’on sait comment sont gérées les questions pressantes de l’exercice du pouvoir, de la pauvreté, des inégalités, des discriminations, du logement, du travail, des vulnérabilités, de l’accès aux services publics de base et de la sécurité sociale…..Le problème, c’est que malgré les tentatives de démocratisation du pouvoir et l’amélioration des dépenses sociales dans certains pays en développement, les contestations sont toujours à l’ordre du jour et atteignent parfois des proportions inquiétantes. De nombreux Etats dans le monde ont perdu leur crédibilité et leur efficacité en raison de leur incapacité à trouver des solutions adaptées aux problèmes sociaux. Les gens ont tendance à demander à l’Etat qu’il réforme, mais on doit attendre tout autant qu’il se réforme et qu’il manifeste de l’intérêt pour les questions de pouvoir et de société, de démocratie et d’ordre social.

    Les échecs enregistrés aujourd’hui dans de nombreux pays du monde, dus aux mauvais choix des politiques publiques, ont ancré dans les esprits une image peu reluisante sur la gouvernance publique en général et les discours ou les promesses du politique en particulier.

    Partant de ce constat, les modes de gouvernance publique doivent être profondément revisités dans l’espoir d’amortir la probabilité des chocs majeurs des crises politique et sociale et d’atténuer leur impact afin qu’ils évoluent vers un avenir apaisé fondé sur la paix et l’entente, la solidarité et le partage. Les attentes à l’égard de l’Etat, comme étant régulateur et stratège, garant de l’unité et de la cohésion sociale, sont considérables en matière de consolidation de la démocratie et de la réalisation du bien-être social. Reste à savoir comment, selon quelles modalités, quels processus, quelle méthodologie, quelle gouvernance, quels instruments, quelle stratégie, quels programmes et quels choix, imposés ou négociés, avec quels acteurs et quels moyens, humains et financiers.

    D’un autre coté, le thème du bien-être social, très à la mode aujourd’hui, décliné tant sur les panneaux publicitaires que dans de nombreux écrits à caractère philosophique ou scientifiques sur le sujet est la seconde priorité de l’Etat contemporain. Et cela semble naturel dans une société qui cherche à apporter satisfaction à tous ses membres. Après une phase de forte croissance économique qui a modifié sensiblement les modes de vie des citoyens, leurs préoccupations actuelles se focalisent autour du bien-être et du bonheur collectif. Une partie de l’humanité ne peut vivre bien si l’autre est dans le mal- être ou si elle y parvient aux dépens des générations futures. Une société ne peut vivre en paix si les riches et les pauvres se regardent en chiens de faïence, si les citoyens sont désabusés par les fausses promesses et les faux espoirs, si les jeunes générations sont plongées dans le désarroi, si le peuple a perdu confiance en son avenir, si la démocratie est dévoyée vers des objectifs vils et immoraux. Si l’espérance est morte.

    Nous sommes face à une urgence de renouvellement généralisé qui devra s’appuyer sur une approche de coresponsabilité et de gouvernance plus inclusive dans un contexte de mondialisation qui ne le rend pas aisé.
    Démocratie et bien-être social apparaissent comme étant deux principes mobilisateurs pour une société de droit et pour un nouveau projet de société fondé sur les valeurs de solidarité, de partage, d’équité, d’égalité, de justice sociale, de paix et de responsabilités partagées. Ils deviennent des concepts inclusifs dans le vrai sens du terme dès lors qu’ils ouvrent la voie pour un destin commun construit autour de l’idéal d’un mieux-vivre-ensemble.

    L’utilité d’un débat, fécond et pluriel, autour de cette thématique de démocratie et de bien-être social, n’est plus à démontrer. Que toux ceux et toutes celles qui sont impliqués, d’une manière ou d’une autre, dans les recherches sur les politiques publiques, sont cordialement invités pour nous apporter leur éclairage scientifique et leurs propositions en vue susciter le réveil des consciences collectives, particulièrement les décideurs et les acteurs placés en première ligne dans la hiérarchie du pouvoir ainsi que la communauté internationale et les citoyens. Le but étant de prospecter la meilleure voie pour l’avenir de l’humanité. Cette voie doit substituer à la faiblesse de l’Etat et à l’incurie du politique, le courage de l’action, à l’hégémonie de l’individualisme, la noblesse de la socialité et de l’inclusion, à l’obsession du pouvoir, l’obsession de la démocratie et de l’humanisme, à l’encouragement de l épanouissement d’une minorité, la recherche de la prospérité de masse.

    A chacune et à chacun de vous, je vous dis un grand merci pour l’intérêt que vous accordez aux activités du GRET ,et que nous serions très heureux de vous accueillir si vous venez pour la première fois, comme nous aurons plus de joie à retrouver nos fidèles amis qui nous ont tant donné tout le long de cette belle aventure scientifique qui dure depuis plus de vingt ans déjà, en connaissances et en amitié sans oublier les beaux souvenirs.

    Ali SEDJARI
    Président du GRET

  • fichier doc Formulaire de participation 2017

  • Liens
    http://cudhrabat.unblog.fr/2017/12/29/xxiiieme-colloque-international-du-gret/

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